jeudi 10 février 2011

Festival de Guça 2005 (Serbie)

Allez, comme l'indique notre bon ami le G.O, et comme je trainais à finir mes chroniques hellènes, pourquoi ne pas passer aux choses sérieuses, à ce qui importe vraiment, à ce que tout homme et femme sur Terre se devrait d'expérimenter sans retenue :

le FESTIVAL de GUCA !

Direction les Balkans et rendez-vous bientôt parmi la foule de ce festival de musique tradi-sensationnelle !

Cigani! Juris!!!

lundi 6 décembre 2010

Grèce Jour 3 - Naoussa la blanche

Nous émergeons le lendemain d'une nuit réparatrice. On profitera tout au long du séjour d'un sommeil d'une rare qualité. Aujourd'hui j'en ai presque oublié la couleur...

La troupe se prépare paisiblement. Nous allons à Naoussa, petit port pittoresque vanté par tous les prospectus consultés en amont. Il se situe au nord de l'île. Nous prenons un bus, conduit par un jovial bonhomme édenté prénommé Georges, qui sera notre pilote à chaque trajet. Georges se prit d'affection pour nous et ne se lassera pas de passer ses tubes favoris à la radio (musique pop-dance ultra ringarde, mais qui ne fait pas de mal à personne).

Plus que dans tout autre village, Naoussa pousse le pittoresque à son paroxysme : ruelles commerçantes étroites et immaculées, bougainvilliers fushia tout droits sortis d'un tableau, murs fraîchement repeints de blanc et bleu, chats errants, restaurants et boutiques de souvenirs à tous les corners. La mer, toute proche, amène de la fraîcheur dans ce dédale aveuglant. Le village est minuscule. Nous en faisons très vite le tour.

Surprise au bout d'une impasse : le chemin pavé de pierres lisses entraîne insidieusement le voyageur vers ... la mer. En effet, sans prévenir, passé une dernière échoppe, la rue s'enfonce dans l'eau, pour ne plus jamais reparaître. La faim ne m'aurait pas tiré de ce spectacle, je me serais risquée à suivre la route ...

Un cake à la fêta et une tarte aux épinard engloutis, nous attendons (au mauvais endroit) un deuxième bus en partance pour la plage de Santa Maria, encore plus au nord, réputée pour être l'une des plus belle de l'île.

Nous mettons 45 min pour rejoindre notre objectif ... et échouer dans un parking désert. Dans ce no man's land aride, le vent et le soleil sont en constante compétition : lequel sera le plus accablant ? Les dieux luttant au dessus de nos têtes, nous cheminons vers le village de surfeurs de Santa Maria. Une guitoune nous accueille. Des gamins, équipés de plateaux bricolés, vont et viennent les bras chargés de boissons fraîches locales, le Freddoccino, sorte de café frappé sucré.

La plage est très étroite, il n'y a pas beaucoup de place et, en toute honnêteté, je n'ai pas vu ce qui lui valait les mérites des brochures touristiques.

Plage de Santa Maria - (plus de photos ici)

Un peu contrariée, je prête à peine un oeil au paysage. Mon attention est captée par les baigneurs qui lézardent J'étudie leurs accoutrements, leurs mouvements, leurs attitudes au sein des groupes ... Je sais, ce un brin d'ethno était totalement inapproprié, mais tout ces bruissements avaient anéanti tout espoir contemplatif. Je griffonne sur mon carnet, refuse de me baigner et fume malgré la chaleur ... Je boude presque ... Les heures passent, le soleil tape de plus belle. Séparées à notre arrivée, les filles et moi nous rejoignons en fin de journée autour d'un dernier rafraîchissement, à l'abri des bourrasques.

Là je prends le temps de regarder le formidable spectacle offert par les reliefs de Paros. Les monts, érodés par le vent, sont doux et galbés, comme les formes généreuses d'une déesse antique. Paros est belle, lascive, et se couvre tantôt d'un voile de lumière pâle le matin, d'une nappe de brume le midi, et d'un sombre manteau brun le soir. Le ciel, d'un bleu sans tâches, surveille cette impudique et la recouvre le soir d'un drap étincelant.

Pour ne pas oublier cet étonnement, je dessine rapidement les courbes de la côte qui me fait face. Notre bus arrive bientôt. Nous retournons à Naoussa juste à temps pour voir le soleil se coucher depuis le port. Les filles marchandent un panier tressé.


Tout est calme. En suspens.

Pourvu que demain soit empli d'autres saisissements, et d'encore plus de paresse !

lundi 1 novembre 2010

Grèce Jour 2 - Traversée de la Mer Egée

Gare du Pirée - Image © Wikipedia

Embarquement immédiat !

4h05 – non 5h05 ... je ne sais plus, mais quoi qu'il en soit c'est bien trop tôt...

Je n'ai pas assez dormi depuis ces dernières 48 heures. Nous quittons nos chambres avant le lever du soleil pour prendre le premier ferry en partance pour Paros. Départ prévu à 7h30. Nous nous rendons au mythique Port du Pirée en métro, avec d'autres argonautes aux lourdes valises.

Sur la passerelle

La station est très haute de plafond, vitrée comme nos gares parisiennes. Elle s'ouvre sur une place peu éclairée mais déjà très animée à cette heure si matinale : des petits marchands derrière leur étal fumant offraient de copieux beignets, d'autres vendaient lunettes de soleil et autres indispensables gadgets superflus... Nous traversons une passerelle aussi éclairée qu'un manège de fête foraine pour atteindre les quais. La foule est bigarrée : troupeaux de jeunes gens bruyants aux sacs à dos multicolores, groupes de familles suédoises à la blondeur caractéristique, couples sophistiqués ayant confondu ce port historique avec la Promenade des Anglais, des retraités pressés de monter dans l'énorme panse des ferryboats.

Quais bondés - Image © AFP

Les navires sont tout simplement gigantesques ! De véritables vaisseaux, aux proportions démesurées, avalaient à rythme régulier des bancs compacts de touristes. Nous montons à bord d'un ferry rouge aux couleurs d'une marque de téléphonie. Nous serons « Vodafonautes » pendant les quatre heures de traversée.

Combien cette arche pouvait-elle contenir de passagers ? Des centaines ? Bien installées dans nos sièges, chacune d'entre-nous tachât de récupérer un peu de sommeil, d'écrire quelques cartes-postales, de se détendre un peu ou de lutter contre le mal de mer... Je fis le tour de l'immense cabine. Il y avait une petite cafétéria, une boutique souvenir, un second étage réservé aux détenteurs de billets VIP, et un ponton vers lequel je ferais de nombreux aller-retours.

Une mer envoutante ... qu'on m'attache à un mât !


J'ai enfin compris ce qu'entendait Homère en comparant le bleu profond et inquiétant des eaux grecques aux yeux de la déesse Athéna. La couleur glauque. La mer est d'une rare beauté depuis le ponton. Brillante. Changeante. Effrayante. Dommage que le spectacle soit saboté par le vrombissement des moteurs du navire. Je rêve des héros mythologiques qui bravèrent ces eaux troubles pour conquérir toisons d'or et bien-aimées. Si je continuais, je verrais presque l'ombre du Kraken nous poursuivre. Par contre, Iris (+ d'infos en angl. ici) nous accompagnait bel et bien. Son nimbe coloré dessinait un cercle presque parfait ... Tout simplement magique. Chaque écume, reflet, odeur, devenait un signe divin. La traversée dura assez longtemps pour étancher mon imagination galopante. Je dû m'arrêter car la nausée me prenait presque à trop regarder ces flots ondulants (et a subir les assauts d'un vent violent).
Les terres approchaient enfin. Nous arrivions au port de Parikia.


Arrivée sur l'île de Paros


Nous accostons sans accroc dans l'une des plus grande ville de l'île, Parikia. Le vent ne s'est toujours pas apaisé, et semble même avoir redoublé d'intensité. Le Bus 3 ne sera là que dans deux heures. Nous sommes quelque peu contrariées et pressées de poser nos bagages. Longue et pénible attente en perspective. Je reste muette. Je m'en veux un peu. Nous sommes entourées d'impatients voyageurs à moitiés nus et de commerçants désabusés reconnaissant à peine en vous la gangue d'humanité qui entoure votre porte-monnaie.

Le bus arrive enfin. Il nous offre une petite virée sur les hauteurs de l'île. Je la contemple avec gourmandise. Il faut croire que je voyage ainsi, les yeux ouverts, captant chaque relief, chaque vestige, la moindre lumière, grossissant et goûtant chaque émotion qui naît de ces observations.

Enfin arrivées à Aliki ! Instinctivement je me demande déjà comment combler ces sept journées de vacances. Inquiétude très vite effacée par le souffle d'Eole, à mesure que les heures s'étireront mollement. Je reprends mes esprits et me répète en silence ce mot d'ordre "NE FAIT PAS, SOIT".

La location est simple, spacieuse, située à deux pas de la mer et et à quelques minutes du petit centre. Valises posées, nous passons nos premières heures à la mer avant que le soleil se couche. Les filles se baignent. Je reste pensive sur la petite plage. Je suis rêveuse, mais heureuse d'être là.

Le soir, nous dînons pour la première fois (et pas la dernière) au restaurant Le Balcon, où rapidement nous nous lierons d'amitié avec le patron, Costa. La terrasse est tant bien que mal mise à l'abri des bourrasques, mais un petit moulin à vent indique que les éléments ne nous laisserons pas de répit ce soir.

Au menu : concombre, tomates, olives, oignons, fêta, câpres, bouchées de courgettes frites, pastèque ... Un festin.

Petit moment d'éternité consommé avec avidité en bonne compagnie.